La Santé dans toutes les politiques : point de vue d'une élue - Projets autour de l'alimentation saine
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Fabienne Leguicher, maire d'une commune francilienne d’environ 4 700 habitants, illustre de manière concrète la Santé dans toutes les politiques, en l'illustrant par des exemples concrets menés sur la commune. Cette page concerne la 2ème interview, présentant les actions de la commune autour des questions d'alimentation.
Il y a toute une série d'éléments que les communes peuvent mettre en place pour accompagner des changements de comportement alimentaire, pour une meilleure santé.
Une série de quatre interviews de Fabienne Leguicher ont été réalisées pour le module 3 du e-parcours en promotion de la santé de Promotion Santé IdF, consacré à la Santé dans toutes les politiques (en savoir plus sur le e-parcours).
Ces témoignages ont été réalisés en deux temps : octobre 2022 et mai 2025, afin d'avoir un bilan « 3 ans après » des projets évoqués.
Projets autour de l'accès à une alimentation saine
Revégétalisation autour des écoles
Bilan et grands principes en lien avec la Santé dans toutes les politiques
Interview n°2 : projets autour de l'accès à une alimentation saine
Interview réalisée en octobre 2022 puis en mai 2025
Octobre 2022
Un premier exemple autour de la question de l'alimentation, puisque la santé de chacun repose évidemment sur nos comportements et nos habitudes, mais pas seulement. Si on prend l'exemple de l'alimentation, je pense que grâce aux nombreuses campagnes de communication, les habitants sont assez informés de ce qu'il faudrait faire pour avoir une alimentation dite saine. Pour autant, ils n'ont pas forcément les moyens ou un accès facile. Et puis ça peut leur sembler compliqué : quand on vous dit qu'il faut manger cinq fruits et légumes, on n'a pas forcément l'habitude de les cuisiner facilement.
Il y a toute une série d'éléments que les communes peuvent mettre en place pour accompagner des changements de comportement, pour une meilleure santé. On sait qu'une mauvaise alimentation, c'est le risque d'avoir une maladie chronique à plus ou moins long terme, et quelque chose qui va handicaper les gens au quotidien. À La Norville, on a développé plusieurs activités autour de l'alimentation.
Notamment, compte tenu de la taille de la commune, nous n'avons pas de cuisine centrale, on n'en aurait pas les moyens. Jusque-là, nous étions en délégation de services publics avec des sociétés de restauration collective. Et on a fait le choix de monter une entente intercommunale pour rejoindre la cuisine centrale d'une des grosses communes du territoire, qui a les moyens de la porter. Et on fait lien avec le programme Sésame sur notre territoire, qui vise à favoriser la transition de nos agriculteurs vers l'agriculture biologique et le maraîchage. Du coup, cela crée un cercle vertueux, puisque notre objectif au niveau de l'agglomération, c'est que toutes ces exploitations agricoles dites Sésame que nous accompagnons, à terme, puissent alimenter au moins 50% de la restauration collective pour les enfants de nos écoles. Donc améliorer la qualité de l'alimentation des élèves de nos écoles et du péri-scolaire, avec davantage de produits bio, des produits locaux, un meilleur contrôle sur ce qu'on va mettre dans l'assiette des enfants.
Mais ça ne s'arrête pas là, puisque c'est important aussi que les enfants soient éduqués à une bonne alimentation. Donc on développe en parallèle des potagers dans les écoles et au péri-scolaire, on développe des ateliers cuisine avec les enfants.
Et comme c'est un projet qui ne concerne pas que les enfants, on a fait des ateliers cuisine avec les seniors, avec un dispositif qui s'appelle Silver Fourchette. De façon à permettre aux seniors d'allier une alimentation santé et plaisir, puisqu'on sait que quand on avance en âge, il peut y avoir peut-être des modifications à faire dans son régime alimentaire pour continuer à être dans la meilleure santé possible.
Et enfin, la commune, fait l'acquisition de paniers auprès d'une AMAP. Et elle met ces paniers de fruits et légumes à disposition de familles dans le cadre du CCAS. Cette mise à disposition s'accompagne d'ateliers cuisine, puisque les familles auxquelles on va donner ces paniers de fruits et légumes bio n'ont pas forcément l'habitude de les cuisiner : ils n'ont pas forcément les moyens de s'acheter ou d'avoir accès de façon régulière à des fruits et légumes, et pour certains, il y a certains légumes notamment qu'ils ne connaissent pas. Donc il ne s'agit pas de se donner bonne conscience en leur donnant des fruits et légumes, qu'ils vont peut-être laisser dans un coin parce qu'ils ne sauront pas quoi en faire, mais vraiment de les aider à en tirer le meilleur profit, et aussi de créer du lien social entre les familles, qui vont se retrouver autour d'un atelier cuisine sympathique et convivial.
Mai 2025 : 3 ans plus tard, où en sont les projets ?
L'alimentation c'est toujours pour nous un sujet et une préoccupation liée à la santé de nos habitants, quel que soit leur âge, et notre projet de cuisine centrale continue d'évoluer.
Un des développements récents : nous allons nous lancer dans la construction d'une légumerie, afin de préparer des légumes et des fruits bruts, pour qu'ils puissent ensuite être utilisés par les cuisiniers dans les menus en restauration collective. C'est indispensable parce que les producteurs locaux, qui sont de petits producteurs, n'ont pas les moyens de nous fournir des légumes ou des fruits prêts à être utilisés.
Aussi, avec les aînés, nous avons mis en place d'autres ateliers avec une entreprise d'insertion par le travail, qui fait à la fois de l'horticulture et du maraîchage, et qui propose des ateliers cuisine « De la graine à l'assiette ». Un groupe d'aînés s'est rendu sur l'exploitation, y a passé la journée, on leur a expliqué le fonctionnement de l'exploitation, ils ont participé à la cueillette des légumes, qu'ils ont ensuite appris à cuisiner. En fait, ces repas sont cuisinés tous les jours pour les personnes qui travaillent sur l'exploitation, donc ils ont pu ensuite déguster ce repas avec ces personnes. C'était vraiment quelque chose de très enrichissant pour tout le monde, et de très agréable, et on va renouveler cette expérience.
Depuis 2022, la commission aînée a eu l'idée de mettre en place des « Petits bouillons ». On a adapté les « Petits bouillons » parisiens, qui sont des restaurants à menu unique et pas très cher. Donc on propose une fois par trimestre, plus ou moins, à nos aînés un petit bouillon : c'est un traiteur qui nous fait le menu, et ce sont les élus qui en assurent le service, qui font la vaisselle, etc. L'idée c'est que les aînés puissent se retrouver dans un moment convivial, et ça permet vraiment de sortir les gens de l'isolement, et qu'ils se retrouvent au restaurant. Certains d'entre eux n'ont plus l'habitude de fréquenter ce genre de lieux de restauration. La commune assure également letransport de ceux qui ne peuvent pas venir par leur propre moyen. Et enfin, ça a permis aux gens de renouer avec des Norvillois qu'ils n'avaient pas vus depuis longtemps, parce qu'ils ne sortent plus beaucoup de chez eux. Donc c'est vraiment une réussite à tout point de vue, on en est très satisfaits et même fiers, je peux le dire.
(Re)voir les autres interviews de Fabienne Leguicher
Interview n°1 : Enjeux des actions locales en santé
Interview n°3 : Revégétalisation autour des écoles
Interview n°4 : Bilan et grands principes en lien avec la Santé dans toutes les politiques
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Nous vous invitons à suivre le module 3 due-parcours en promotion de la santé de Promotion Santé IdF.